Si vous avez suivi mon autre blog "nihon e iku", créé à l'occasion de mon premier voyage au Japon, vous vous souviendrez peut-être que le dernier article s'intitulait "Ce n'est qu'un au revoir...". En effet, puisque quasiment toutes les personnes qui posent les pieds au pays du soleil levant ont cette même réflexion à leur retour en France (ou ailleurs), "J'y reviendrai". Évidemment je n'ai pas échappé à cette règle. Il y a 3 ans et demi, mon retour chaotique grâce à l'ami SNCF m'avait vite rappelé les mauvais côtés du pays du fromage qui pue.
Environ 1265 jours ont passés depuis ce fabuleux séjour, et me voila enfin, reparti pour de nouvelles découvertes, un nouveau départ même, en quelque sorte. L'envie d'y retourner est restée très forte, mais d'autres possibilités s'ouvraient à moi pour y séjourner plus longtemps que pendant de simples vacances.
La première étant de faire un visa vacances-travail, le principe étant de pouvoir travailler pendant 1 an, tout en visitant le pays. Allier l'agréable à l'utile en quelque sorte. La solution paraissait avantageuse avec un budget de départ plus limité, mais avec une épée de Damoclès sur la tête, car sans trouver de job, le retour aurait pu être malheureusement anticipé.
L'autre problème qui s'est posé est naturellement la barrière de la langue. Mes maigres notions de japonais ne me permettent pas de m'intégrer socialement et professionnellement, et vu qu'il ne faut pas vraiment compter sur le niveau d'anglais des nippons, si c'est pour me retrouver "à l'usine" à travailler dans mon coin, avec des contacts restreints, ou majoritairement étrangers, juste pour dire "Je suis au Japon", est-ce que ça vaut le coup...? Et puis apprendre la langue par soi même, en plus d'un travail, difficile d'être concentré avec la fatigue accumulée... je me dit alors qu'il me faudrait peut-être songer à autre chose.
C'est alors que je me penche sur l'autre solution, le visa étudiant. Intégrer une école de langue, pour me consacrer à temps plein à l'apprentissage du japonais, en totale immersion. Problème majeur, 1 an de cours coute assez cher, et pour pouvoir tenir 1 an pour tous les autres frais du quotidien, le budget explose carrément, vu qu'il serait hors de question de payer une école pour rentrer au bout de 6 mois car plus d'argent !
Mais je veux retourner au Japon pour du long terme. Pour cela, dès 2009, j'ai économisé tout ce que je pouvais dans cette optique, et en me fixant un objectif de départ pour avril 2013, j'ai pu mener ce projet à bien, grâce à l'aide bienvenue des quelques donateurs, et de l'effondrement de la société qui m'employait, par la même occasion. A ce sujet, le timing était parfait puisque l'entreprise a fermée en janvier 2013 et j'ai pu ainsi percevoir diverses primes (licenciement, congés payées, mois bonus, prime bonus, etc), alors qu'à quelques mois près, j'aurai du démissionner et donc toucher 0 !
Le projet a mis du temps à murir car beaucoup de paramètres étaient à choisir. Quelle ville, quelle école, quel type de logement, etc...? Après de longues recherches, j'ai finalement opté pour Kyôto, plus traditionnelle, plus calme et surement un peu moins chère que Tokyô (que j'adore pourtant). Nihongo Center a obtenu mon choix final grâce à son accent mis sur l'oral en priorité, ainsi que le fait d'avoir un membre de staff français, ce qui a grandement facilité les démarches administratives ultra fastidieuses, ainsi que l'intégration à venir lors de mon arrivée. Quant au logement, j'ai choisi un appartement en centre ville, au 7ème étage avec une belle vue sur Kyôto, et surtout une proximité de vraiment tout, école, magasins, bars, sites touristiques, rivière Kamo, quartier de Gion, etc...
Une fois toutes mes priorités et mes choix définis, il restait à monter un dossier, ce qui s'avérait assez fastidieux. Pas mal de documents à remplir, à modifier et à re-modifier car tel ou tel document n'est pas rempli comme il faut. En plus, mon cas était assez particulier car ayant quitté le cursus scolaire il y a plus de 8 ans maintenant, il fallu justifier auprès de l'immigration pourquoi je devais faire cette école. La est tout la nuance, pourquoi je DOIS faire et non pourquoi j'ai envie de faire. On parle bien d'une nécessité et me concernant, j'ai du expliquer que ma société faisait des jeux vidéos importés et avait une clientèle japonaise...
Finalement, malgré quelques réserves sur mon dossier, me disant qu'il pouvait être refusé car pas assez convaincant, me préservant ainsi d'une éventuelle grosse déception, il a été accepté et il ne restait alors plus que les derniers préparatifs, paiement de l'école, demande de visa à l'ambassade du Japon, déménagement de l'ancien appart, billet d'avion, valises, etc... Le départ fixé au dimanche 7 avril, l'heure était venue d'organiser une sympathique soirée de départ avec les amis proches du coin.
Derniers gros morceaux, organiser et stocker mes affaires restantes en France pour qu'elles soient le moins gênantes possibles pour ses hôtes, ce qui aura pris quelques jours tout de même. Enfin, préparer les bagages en choisissant méticuleusement quoi prendre ou non, et surtout en visant à ne pas dépasser les 23kgs autorisés en soute, et les 7 kgs en cabine. Peser, re-peser, au final c'est toujours plus lourd que ce que l'on pensait, surtout lorsque l'on doit prévoir des affaires pour 1 an. Moi qui envisageait de prendre ma PlayStation 3, c'est râpé. Plus qu'a en acheter une sur place. Au moins ça me permettra de voir si j'ai vraiment le temps d'y toucher avant d'en prendre une. Faudrait pas que j'ai emmené la mienne pour rien, ou que ça me distrait et m'empêche de bosser... Bref après moultes pesées et quelques concessions, tout rentre à quelques dizaines de grammes près...
Derniers gros morceaux, organiser et stocker mes affaires restantes en France pour qu'elles soient le moins gênantes possibles pour ses hôtes, ce qui aura pris quelques jours tout de même. Enfin, préparer les bagages en choisissant méticuleusement quoi prendre ou non, et surtout en visant à ne pas dépasser les 23kgs autorisés en soute, et les 7 kgs en cabine. Peser, re-peser, au final c'est toujours plus lourd que ce que l'on pensait, surtout lorsque l'on doit prévoir des affaires pour 1 an. Moi qui envisageait de prendre ma PlayStation 3, c'est râpé. Plus qu'a en acheter une sur place. Au moins ça me permettra de voir si j'ai vraiment le temps d'y toucher avant d'en prendre une. Faudrait pas que j'ai emmené la mienne pour rien, ou que ça me distrait et m'empêche de bosser... Bref après moultes pesées et quelques concessions, tout rentre à quelques dizaines de grammes près...
Vient enfin le jour du grand départ, je ne suis alors ni particulièrement stressé ou surexcité, ce qui n'est pas plus mal en un sens. Les bagages chargés dans la voiture, dernier au revoir à la frangine et au chien, et direction l'aéroport Charles de Gaulle. Trajet quasiment sans ralentissements, l'accès y est assez facile en ce jour dominical. Enregistrement du bagage principal, petite frayeur lorsque la balance affiche 23.4kgs, puis se stabilise pile poil à 23.0kgs, ouf ! Il est alors temps de quitter les parents qui m'ont donc accompagnés jusqu'au bout. Le cœur probablement un peu serré pour tout le monde, je préfère en dire peu (ce qui ne change guère de d'habitude étant peu démonstratif), pour ne pas laisser transparaitre quoi que ce soit et ainsi faciliter la chose pour tout le monde.
Direction la porte d'embarquement, puis la douane ou j'ai du quasiment tout vider et même enlever mes chaussures, pour ne plus sonner au portique de sécurité... Plus qu'à attendre... un peu plus que prévu puisque le vol a eu une heure de retard. J'observe un peu les gens autour de moi essayant de deviner qui ira au Japon après l'étape qatarienne. Tiens, ce gars y va à coup sûr, je serai prêt à le parier... en plus, vu la période, il est bien possible qu'il fasse une école de langue si c'est le cas, mais... nous y reviendront. Je prends place à bord, et avec une vieille otarie hautaine non-technophile à côté de moi, affalée et endormie dès le début, sauf pour manger, je n'ai plus qu'à m'occuper pendant 6 heures jusque Doha.
| Sayonara Furansu ! Au revoir France ! |
| Les Alpes ! |
| Arrivée à Doha, Qatar |
Une fois au sol, je dois dire que j'ai eu une grosse montée de stress à cause d'un manque d'informations et de balisage à la sortie de l'avion. A part suivre le flot de voyageurs, je ne savais pas trop ou aller... Finalement je trouve la porte d'embarquement pour le prochain vol, sauf qu'il y a vraiment beaucoup beaucoup de monde, de grosses files d'attentes qui débordent sur les portes annexes, et surtout plusieurs vols différents indiqués pour une même porte... Je trouve une place pour me poser un peu et c'est alors que j’aperçois que mon vol est en "last call"... Quoi ?! mais c'est quoi ce bordel, je n'ai vu aucune file avancer. Je me place alors dans ce qui s’avérait être un vol... pour la Turquie je crois... bon sang mais c'est quoi ça... Et je remarque enfin le petit et unique comptoir pour mon avion, totalement masqué par les autres voyageurs. Quel organisation en mousse. Heureusement, après une dernière vérification auprès une hôtesse qu'il s'agit bien de la navette pour le vol vers Osaka, le stress retombe enfin une fois posé sur mon siège... Une vraie catastrophe cet aéroport, au moins Charles de Gaulle était très bon pour ça.
C'est alors qu'il se confirme pourquoi il n'y avait pas de file d'attente pour mon vol, tout simplement car comme observé lors de la réservation, l'avion est quasiment vide, peut-être une quarantaine de passagers, pour à peine une dizaine à l'arrière de l'appareil ou je me trouvais. Au moins le devrait être plus que tranquille ! J'ai peu m'assoupir un peu entre les repas histoire d'avaler plus facilement les 9 heures de trajet. Une chose est sûre en avion, on mange tout le temps à n'importe quelle heure. Bonjour la collation à 2 heures du mat, heure locale ! Au moins c'était plutôt bon.
| Plein de place dans l'avion vers Osaka !!!!!!!! |
Vient enfin le moment de fouler de nouveau le sol japonais après une longue attente. C'est avec satisfaction que j'hume mes premières bouffées d'air nippon depuis 3 ans, et après le passage auprès de l'immigration pour récupérer notamment ma carte de résidence, je récupère ma grosse valise heureusement intacte. Passage en douane succin cette fois, je n'ai plus qu'à me diriger vers la personne qui m'attendait pour la navette en direction d'Osaka. Et la qui vois-je ? Et bien le gars vu à Charles de Gaulle, et qui fait effectivement bien la même école que moi, comme quoi...
| Le quartier où j'ai dormi |
Le lendemain matin, je passe un peu de temps sur ma PS Vita en attendant
que l'heure passe, étant réveillés par non pas un mais deux amis
ronfleurs... Je prend le chemin de l'agence immobilière pour enfin
m'installer dans mon appartement. Quelques photos du quartier ou j'ai
dormi, et sur le trajet avec notamment les fameux sakuras qui ne sont
malheureusement plus très frais, j'arrive comme prévu sur la fin, le
spectacle n'est plus aussi majestueux qu'il devait l'être il y a une
semaine. Tant pis ce sera pour l'année prochaine !
| Kamo-gawa, la rivière Kamo. |
Kamo-gawa , la rivière Kamo
|
| De loin ça reste encore joli. |
Une sympathique et jolie agente immobilière me conduit gentiment à un magasin pour acheter des adaptateurs 110/220V pour les prises de courant, ainsi qu'à mon logement en m'expliquant tout les spécificités comme les ordures, un point très important et sur lequel je reviendrai prochainement, un gros morceau où je suis loin d'avoir compris toutes les subtilités ! Beaucoup d'informations à emmagasiner mais j'ai à disposition un carnet d'informations où je pourrai revoir tout ça à tête reposée.
Je remercie l'agente, et enfin je peux déballer mes affaires et m'installer comme il se doit, enfin dans mon nouveau chez moi... Je peux également constater et profiter de la vue du balcon, très sympa effectivement ! Bon point également, il y a la TV, HD de surcroit, ce qui me sera utile si j'achète une PS3 et aussi pour m'entrainer à comprendre ce qu'il se dit sur les programmes tv. Par contre, le bureau est tout petit, et une fois la TV et le PC posé, il ne va pas me rester beaucoup de place pour travailler... bon, je verrai pour peut-être résoudre ce problème plus tard. La cuisine est petite, et ne dispose pas plan de travail, je ne vois pas du coup comment je pourrai m'y confectionner des plats. Je suis parti pour principalement me nourrir de plats préparés ainsi que de petits restos bon marché. La salle de bain qu'en à elle n'est pas aussi petite que je pensais, mais après essai, il ne semble définitivement pas possible de prendre une douche sans mettre de l'eau partout. Ce qui, accessoirement, me rappelle mon expérience en camping-car. Malgré tout, je suis plutôt satisfait, je devrai me plaire ici !
| La vue de l'appartement couvre pas moins de 200° ! |
| Konata-chan est aussi du voyage ! |
Plus qu'à me rendre à l'école pour tester mon niveau, qui étant donné mon faible niveau de compréhension (malgré mes quelques bases), me classe sans surprise en débutant. Sur le chemin du retour, passage obligé au premier conbini, ces géniallissimes et indispensables supérettes ouvertes 24/24 7/7 pour acheter le nécessaire d'hygiène et mes premiers repas enfin je peux me remplir la panse et me reposer sereinement !
Voilà, c'est tout (et déjà un bon pavé) pour aujourd'hui !! Bientôt les cours commenceront dans les jours à venir, mais ça, c'est une autre histoire !
Mata ne !